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La Méthode Volonté

Il est communément admis qu’il est très difficile d’arrêter d’utiliser du porno. Les livres et forums vous expliquant comment stopper commencent généralement par vous dire à quel point c’est difficile. La vérité est que c’est ridiculement facile. C’est compréhensible de questionner cette affirmation, mais d’abord envisagez-la. Si votre but est de courir le 1 000 mètres en 2 minutes 30, c’est difficile et vous devrez suivre des années d’entraînements rigoureux, et même alors potentiellement en être physiquement incapable.

Cependant, tout ce que vous avez à faire pour arrêter le porno est de ne plus en regarder et/ou de vous masturber. Personne ne vous force à vous masturber (excepté vous-même) et contrairement à la nourriture et à l’eau, ce n’est pas nécessaire à la survie. Alors si vous voulez arrêter, pourquoi ça serait difficile ? En fait, ça ne l’est pas. Ce sont les utilisateurs eux-mêmes qui le rendent difficile à travers la méthode volonté ou toute méthode qui force l’utilisateur à avoir l’impression qu’il fait une sorte de sacrifice. Considérons ces méthodes.

On ne décide pas de devenir des utilisateurs, nous expérimentons simplement avec des sites ou magazines porno par curiosité et parce qu’ils sont affreux (oui, affreux), outre la vidéo que nous recherchons, nous sommes convaincus que nous pouvons nous arrêter quand nous le désirons. Au début, nous regardons ces quelques vidéos quand on le veut et pour des occasions spéciales. Avant que nous nous en rendions compte, non seulement nous visitons ces sites régulièrement en nous masturbant quand on le veut - mais nous nous masturbons dessus tous les jours. Le porno est devenu une partie de nos vies, et nous nous assurons alors que nous avons une connexion internet partout où nous allons. Nous croyons ensuite que l’amour, le sexe et l’orgasme nous est dû, et que le porno soulage du stress. Il ne semble pas nous venir à l’esprit que la même vidéo et les mêmes acteurs ne nous procurent plus le même niveau d’excitation et nous commençons à nous battre contre la ligne rouge pour éviter le “mauvais porno”. En réalité, la masturbation et le porno en ligne n’améliorent pas nos vies sexuelles et ne réduisent pas non plus le stress, c’est seulement que les utilisateurs croient qu’ils ne peuvent apprécier leur vie ou gérer le stress sans un orgasme.

Cela nous prend généralement assez longtemps pour réaliser que nous sommes accros car nous sommes victimes de l’illusion comme quoi les utilisateurs regardent du porno car ils apprécient le faire - et pas parce qu’ils en ont besoin. Quand nous ne sommes pas en train “d’apprécier” du porno, ce que nous ne pouvons jamais faire sans que de la nouveauté, des contenus choquants ou leur escalade soit ajouté, nous sommes sous l’illusion que nous pouvons nous arrêter à tout moment. C’est le piège de la confiance en soi, “Je n’apprécie pas le porno, donc je peux arrêter quand je veux”. Seulement tu ne sembles jamais “vouloir” arrêter.

C’est d’ordinaire pas avant que nous essayons réellement d’arrêter que nous réalisons qu’un problème existe, les premières tentatives arrivent en général assez rapidement - déclenché par la rencontre avec un partenaire et se rendant compte qu’ils ne sont “pas assez bien” après les premiers rendez-vous. Une autre raison commune est de s’apercevoir d’effets sur la santé présent au quotidien.

Indépendamment de la raison, l’utilisateur attends toujours une situation stressante, que ce soit via la santé ou le sexe. Dès qu’il arrête, le petit monstre commence à avoir faim. L’utilisateur veut alors quelque chose pour augmenter sa dopamine, comme les cigarettes, l’alcool, ou son préféré - le porno en ligne - avec son harem à seulement un clic de lui. La cachette à porno n’est plus dans la cave, elle est virtuelle et accessible partout. Si sa partenaire est présente ou s’il est avec des amis, il n’a plus accès à son harem virtuel, le mettant encore plus en détresse.

Si l’utilisateur est tombé sur des articles scientifiques où sur des communautés en ligne, il y aura une lutte acharnée dans son esprit, résistant aux tentations et se sentant privé. Sa façon habituelle de soulager le stress est maintenant indisponible, il souffre d’une triple peine. Le résultat probable après cette période de torture est un compromis - “Je vais réduire” ou “J’ai choisi le mauvais moment” ou peut-être, “Je vais attendre d’être moins stressé”. Cependant, une fois le stress disparu il n’y a plus de raisons d’arrêter et l’utilisateur ne se décide pas à arrêter de nouveau avant la prochaine période de stress.

Bien sûr, il n’y a jamais de bon moment, car pour la plupart des gens la vie devient de plus en plus stressante. Nous quittons le cocon familial, devons nous installer dans une maison, faisons des emprunts et des hypothèques, avons des enfants et des emplois avec plus de responsabilités. Quoi qu’il en soit, la vie de l’utilisateur ne peut pas devenir moins stressante car le porno provoque du stress. Plus vite l’utilisateur traverse la phase d’escalade des contenus, plus il devient désespéré et plus l’illusion de la dépendance grandit.

En fait, c’est un mensonge que la vie devient plus stressante et le porno - ou un soutien similaire - crée cette illusion. Cela sera traité plus en détails plus tard, mais après ces premiers échecs l’utilisateur se repose sur la possibilité qu’il se réveillera un jour et ne désirera tout simplement plus se masturber ou regarder du porno, etc. Cet espoir est souvent suscité par les histoires venant d’ex-utilisateurs, “Je n’étais pas sérieux jusqu’à ce que j’ai du mal à faire l’amour, à ce moment-là je ne voulais plus utiliser du porno et j’ai arrêté de me masturber.”

Ne vous faites pas d’illusion, enquêtez sur ces rumeurs et vous découvrirez qu'elles ne sont jamais aussi simples qu’il n’y paraît. Généralement l’utilisateur se préparait déjà à arrêter et a simplement utilisé cet incident comme un tremplin. Plus souvent dans le cas de ceux qui se sont arrêtés “comme ça”, ils ont souffert d’un choc; peutêtre ont-ils été surpris par leur partenaire, ont eu un moment de lucidité en regardant du porno qui ne ressemble en rien à leur orientation sexuelle normale ou une dysfonction sexuelle leur a fait peur. “Je suis juste ce genre de personne.” Arrêtez de vous voiler la face. Ça n'arrivera pas à moins que vous ne le faites de vous même.

Examinons en détails pourquoi la méthode volonté est si difficile. Pendant la plus grande partie de notre vie nous adoptons l’approche de l’autruche “J’arrêterai demain.” A certains moments, quelque chose va déclencher une tentative d’arrêter. Ça peut être des inquiétudes à propos de sa santé, sa virilité ou une introspection qui nous fait réaliser que nous n’aimons pas vraiment ça. Peu importe la raison, nous commençons à peser le pour et le contre du porno. Le sexe est divisé entre le sexe tantrique (le toucher, l’odeur, la voix) et le sexe propagatif (orgasme); c’est une des clés majeur pour ouvrir son esprit, sans cette importante distinction, il y aura une confusion qui mènera à l’échec. Après une évaluation rationnelle nous découvrons ce que nous avons toujours su, la conclusion est un millier de fois “ARRÊTEZ DE REGARDER DU PORNO !”

Si vous deviez donner des points aux avantages d’arrêter et les comparer aux avantages du porno, le total des points pour l’arrêt dépasse de loin n’importe quel “désavantage”. Si vous employez le Pari Pascalien, en arrêtant vous ne perdez presque rien, avec de grandes chances d’y gagner et de plus grandes chances encore de ne plus y perdre. Malgré que les utilisateurs savent qu’ils seraient mieux en tant que non-utilisateurs, la croyance qu’ils font un sacrifice les fait trébucher. Malgré que ce soit une illusion, elle est puissante. Ils ne savent pas pourquoi, mais les utilisateurs croient que pendant les bons et mauvais moments de leur vie, les sessions semblent les aider. Même avant de tenter d’arrêter, le lavage de cerveau social renforcé par le lavage de cerveau venant de leur propres addictions est ensuite combiné avec l’encore plus puissant lavage de cerveau disant à quel point il est difficile “d’abandonner” le porno.

Ils entendent les histoires de ceux ayant arrêté pendant plusieurs mois et désirant pourtant ardemment une session et des comptes-rendus de mécontents, ayant arrêté et passant le reste de leurs vies se lamentant sur le fait qu’ils adoreraient avoir une session. Les récits d’utilisateurs arrêtant pendant de nombreux mois ou années, vivant heureux avant d’avoir une “dose” de porno et d’être soudainement accros à nouveau. Ils connaissent probablement plusieurs personnes dans des stades avancés de la maladie, visiblement en train de s’autodétruire et n'appréciant clairement pas leur vie - et pourtant ils continuent d’utiliser du porno. En plus de tout ça, ils ont sûrement vécu eux-même quelques unes de ces expériences.

Alors au lieu de commencer en pensant, “Super ! Vous connaissez la nouvelle ? Je n’ai plus besoin de regarder du porno !” ils commencent avec pessimisme - comme s’ils essayaient de gravir l’Everest - et ils estiment à tort qu’une fois que le petit monstre vous tient, vous êtes accro à vie. Beaucoup d’utilisateurs commencent leur tentative en s’excusant auprès de leurs petites amies ou de leurs femmes, "Écoute, j’essaie d’arrêter le porno. Je serai sûrement très à cran ces prochaines semaines, essaie de le supporter.” La plupart des tentatives sont condamnées avant même d’avoir commencé.

Considérons que l’utilisateur survit quelques jours sans session, il retrouve son excitation et commence à récupérer. Il n’a pas consulté son site pornographique favori et est par conséquent excité par des stimuli normaux qu’il ignorait auparavant. La raison première pour laquelle il a arrêté disparaît rapidement de son esprit, comme après avoir vu un grave accident de la route en conduisant. Nous ralentissons pour un moment, mais recommençons à rouler vite dès que nous sommes en retard pour un rendez-vous.

Dans l’autre camp de cette guerre se trouve le petit monstre qui n’a toujours pas eu sa dose. Il n’y a pas de douleur physique - si vous aviez le même sentiment à cause d’un rhume, vous ne vous arrêteriez pas de travailler ou ne déprimeriez pas, vous en ririez. Tout ce que l’utilisateur sait, c’est qu’il veut aller voir son harem. Le petit monstre le sait, et met en route le gros monstre du lavage de cerveau, causant la même personne qui quelques heures plus tôt listait toutes les raisons d’arrêter, à chercher maintenant n’importe quelle excuse pour recommencer. Il commence à dire des choses comme :

Généralement, à ce stade, l’utilisateur capitule. Ouvrant le navigateur, sa schizophrénie s’intensifiant. D’un côté il y a l’énorme soulagement de faire disparaître l’envie alors que le petit monstre a enfin sa dose; de l’autre, l’orgasme est affreux et l’utilisateur ne comprend pas pourquoi il fait ça. C’est pourquoi les utilisateurs pensent qu’ils manquent de volonté. Ce n’est en réalité pas un manque de volonté, tout ce qu’ils ont fait est changer d’avis et ont eu une décision totalement rationnelle au vu des dernières données.

“Quel est l’intérêt d’être en bonne santé ou riche si vous êtes malheureux ?”

Absolument aucun ! Il est bien mieux d’avoir une courte mais agréable vie qu’une longue et misérable. Heureusement, ceci est faux pour le non-utilisateur, puisque la vie est infiniment plus agréable. La détresse dont l'utilisateur souffre n’est pas dû aux effets du manque - malgré qu’ils en sont les déclencheurs initiaux - la véritable agonie est la lutte acharnée dans son esprit causée par l’incertitude et le doute. Car l’utilisateur commence à penser qu’il fait un sacrifice, il finit alors par se sentir privé de quelque chose, ce qui est une forme de stress.

L’un de ces moments stressant est quand le cerveau lui demande de “prendre une dose”; voulant faire marche-arrière dès qu’il arrête. Mais car il a arrêté, il ne peut pas et cela le rend encore plus déprimé ce qui amorce la détente à nouveau. Un autre facteur qui rend l’arrêt si difficile est l’attente d’un changement. Si votre objectif est de passer votre permis, dès que vous avez fini l’examen vous êtes sûr d’avoir ou non atteint votre objectif. Avec la méthode volonté le discours interne est - “Si je peux tenir assez longtemps sans porno en ligne, l’envie de regarder finira par disparaître.” Vous pouvez vous en rendre compte sur les forums en ligne où les addicts parlent de leurs tentatives ou de leurs jours d’abstinence.

Comme dit plus haut, la souffrance que l’utilisateur endure est mentale et causée par l’incertitude. Malgré qu’il n’y ait aucune douleur physique, les effets restent puissants. Désormais malheureux et peu sûr de lui, l’utilisateur est loin d’oublier, dorénavant rempli de doutes et de craintes.

L’utilisateur attend que le choses s’améliore mais alors qu’il continue à se morfondre, le “harem” devient de plus en plus précieux. En fait, quelque chose est en train d’arriver mais inconsciemment, s’il peut survivre plusieurs semaines sans ouvrir le navigateur, le désir du petit monstre disparaît. Cependant, comme expliqué précédemment les effets du manque de dopamine et d’opioïdes sont si subtil que l’utilisateur n’est même pas conscient d’eux. A ce moment, beaucoup d’utilisateurs peuvent sentir qu’ils “s’en sont débarrassés" et alors prennent une dose pour le prouver, ce qui les envoient à nouveau en bas du toboggan. Ayant procuré de la dopamine au corps, il y a maintenant une petite voie à l’arrière de leur tête disant “Tu en veux une autre.” En fait, ils s’en sont débarrassés, mais sont redevenus accros.

Enfant vous regardiez des dessins-animés et selon les neurosciences vous formiez alors des voies neuronales (DeltaFosB) pour eux. Si vous voulez décourager un enfant de les regarder, vous devriez étudier si ces voies existent toujours et interrogez des adultes sur pourquoi ils n’aiment plus leur dessins-animés d’enfance favori. Premièrement, il y a de meilleurs divertissements disponibles et deuxièmement, ces dessins-animés n’ont plus la même magie en grandissant. Avec la méthode volonté vous refuser juste à l’enfant l’accès à ses dessins-animés, mais avec EasyPeasy vous vous assurez également qu’il n’y voit aucun intérêt. Laquelle est la meilleure ?

L’utilisateur ne se lancera généralement pas dans un autre session immédiatement, pensant “Je ne veux pas être accro à nouveau !” et s’autorisant une période d’abstinence de quelques heures, jours ou même semaines. L’ex-utilisateur peut alors dire, “Bien, je ne suis pas redevenu accro, alors je peux avoir une nouvelle session en toute sécurité.” Ils retombent dans le même piège que lorsqu’ils ont commencé en premier lieu et sont déjà sur la pente descendante.

Les utilisateurs qui réussissent à arrêter à l’aide de la méthode volonté ont tendance à la trouver longue et difficile car le problème principal est le lavage de cerveau. Longtemps après que l’addiction physiologique soit morte, l’utilisateur se morfond toujours sur sa souffrance. Eventuellement, après avoir survécut à cette longue torture, ils commencent à s’apercevoir qu’ils ne veulent pas abandonner, cessant de se morfondre et acceptant que la vie continue et reste agréable sans pornographie. Il y a bien plus d’échecs que de réussites, certains ayant réussi traversent leur vie dans un état de grande vulnérabilité, ayant conservé une partie du lavage de cerveau leur disant que le porno leur donne en fait un boost. Ceci explique pourquoi beaucoup d’utilisateurs qui ont stoppé pour de longues périodes finissent par recommencer à utiliser du porno plus tard.

Beaucoup d’ex-utilisateurs auront une session occasionnelle comme une “gâterie spécial” ou pour se convaincre de la force de leur contrôle sur eux-même. Cela fonctionne exactement comme prévu - mais dès que leur session se termine la dopamine commence à quitter leur corps et une petite voix à l’arrière de leur tête commence à les mener vers une autre. S’ils décident de la suivre, alors tout semble sous contrôle, pas de contenus choquants, d’escalade ou de recherche de nouveauté, ils pensent donc - “Merveilleux ! Puisque je n’aime pas vraiment ça, je ne deviendrai pas accro. Après Noël / les vacances / cette période difficile, j’arrêterai.” Ils ne savent pas que le toboggan dans leurs cerveaux a été de nouveau graissé.

Trop tard, ils sont déjà accros ! Le piège dont ils sont sortis les as fait prisonniers de nouveau.

Comme dit précédemment, le plaisir n’a rien à voir là-dedans. Ça n'a jamais été le cas ! Si nous regardions à cause du plaisir, personne ne resterait sur les sites porno plus de temps qu’il n’en faut pour finir son affaire. Quoi qu’il en soit, une meilleure façon de se donner du plaisir est via les souvenirs. Nous partons du principe que nous apprécions le porno en ligne seulement car nous ne pouvons croire que nous sommes assez stupide pour devenir addict si nous ne l’apprécions pas. La plupart des utilisateurs ne savent rien des stimuli supranormaux, la recherche de contenus nouveaux ou choquants et même après s’être renseigné sur ces sujets, ils ne croient pas que leur usage est motivé par le fonctionnement du système de récompense issus de notre évolution. C’est pourquoi une si grande partie du porno est subconscient, si vous étiez conscients des changements neurologiques et deviez justifier l’argent que ça vous coutera dans le futur, même l’illusion du plaisir disparaîtrait.

Quand nous essayons d’ignorer les mauvais côtés, nous nous sentons idiots. Si nous devions y faire face, ça serait insupportable ! Si vous regardez les utilisateurs en action, vous vous rendrez compte qu’ils sont heureux seulement quand ils ne sont pas conscients de ce qu’ils font. Une fois conscients, ils ont tendance à être gênés et désolés. Le porno nourrit le petit monstre, alors en le purgeant de votre corps avec le lavage de cerveau (le gros monstre), vous n’aurez aucun besoin ni désir d’en regarder !

Traduit par Gargatron